… Qu’on fait les meilleurs J-RPG. Pour être tout à fait honnête, nous ne sommes pas ici en présence du jeu du siècle, mais vous m’accorderez le sens de cette formule qui en dit tout de même long (je vous rassure) sur la grande qualité du titre. Atelier Ryza 2 : Les légendes Oubliées & Le Secret de la Fée est donc la suite du premier épisode, et se place comme un opus qui mérite qu’on s’y intéresse, pour peu que les mécaniques proposées généralement dans la saga “Atelier” vous intéresse.


Cette critique a été réalisée à partir d’une version Playstation 4 offerte par Koch Media !


C’est aux côtés de la douce et sympathique Reisalin Stout (condensé en Rysa), que prend place le titre. L’action se déroule trois ans après les événements narrés dans le premier opus. Après avoir quitté son île natale pour rejoindre la capitale et se perfectionner dans l’art de l’alchimie, notre héroïne se voit confier la charge de découvrir les secrets d’un mystérieux œuf noir.

Rapidement, son enquête la conduira rapidement à retrouver son compagnon de l’époque, Tao. Tous deux reprendront ensuite le chemin de l’aventure en explorant diverses ruines anciennes qui semblent cacher un grand secret. Tao ne sera pas le seul, puisque d’autres personnages du premier épisode viendront vous rejoindre pour parler du bon vieux temps. Si vous vous posiez la question : non, il n’est pas “crucial” d’avoir fait le premier pour comprendre et savourer celui-ci, même si, forcément, vous passerez à côté de plusieurs références.

Que dire concrètement du scénario proposé par le titre ? Eh bien basiquement, celui-ci souffle le chaud et le froid. Il reste très classique dans son déroulement et son développement, tant est si bien que la plupart des gros twists du titre sont largement prévisibles.

Plus généralement, et si vous êtes un ancien de la saga Atelier, vous ne serez ni dépaysé, voire même un brin déçu, puisque d’autres titres prenaient plus de risques. On voit donc très vite que cet épisode semble se destiner au plus grand nombre, comme en témoigne sa localisation française, preuve s’il en fallait une de la part de Gust de vouloir toucher un nouveau public.

Si vous ne connaissez pas la saga Atelier, il faut vous parler un peu d’alchimie. L’alchimie est une composante indissociable de la licence qu’il convient de maîtriser rapidement, puisque tout dépend de cela dans le jeu. Ce principe consiste à ramasser un maximum d’objets durant les phases d’explorations. Cela peut être des fruits, des bouts de bois, des minéraux, du tissu, et j’en passe… Il y a un nombre ahurissant d’items à collecter dans le jeu.

Une fois amassés, ces objets vous serviront à en créer de nouveaux en les combinant. Attention ! Ici, on ne parle pas de cliquer sur deux boutons, choisir de combiner deux objets et basta : la mécanique d’alchimie est bien plus complexe et plus immersive que cela ! De vos choix durant le processus d’alchimie dépendra la qualité de votre objet, de son efficacité et de sa valeur marchande.

Autant vous le dire tout de suite : le jeu favorisera celles et ceux qui prouveront leur maîtrise dudit système. Toutefois, vous pouvez souffler si vous avez peur de vous prendre la tête avec cela, il existe un mode automatique qui vous permettra de passer outre cette mécanique. Mais faire cela, c’est se détourner de la principale fonctionnalité du jeu. Car oui, looter, farmer et combiner fera partie intégrante de votre aventure. Heureusement, le titre parvient à mettre un peu de piment et essaye de se renouveler régulièrement en vous proposant d’améliorer vos outils de récoltes.

Outre cela, le deuxième tiers se voit occupé par l’exploration des ruines. Il y en a plusieurs dans le jeu et elles vous demanderont toutes de suivre un schéma précis. Trouver des informations à leurs sujets, crafter un objet ou deux pour pouvoir avancer et, enfin, résoudre le mystère qui entoure le lieu. Tout cela se fait via un menu spécifique prenant la forme d’un carnet qui regroupe toutes ces informations. Ce point est, pour moi, l’un des plus loupé du jeu. En effet, la saga nous avait habitué à plus ingénieux sur cet aspect. Ici, on nous place devant une boucle de gameplay qui est bien trop redondante et avec trop peu de renouvellement pour être vraiment passionnante. C’est fort dommage car les lieux sont artistiquement inspirés et donne envie d’explorer et de voyager, mais en l’état, ça tombe un peu à l’eau.

Enfin, le dernier tiers est occupé par les combats. Comme tout JRPG qui se respecte, ceux-ci sont nombreux et proposent un système plutôt ingénieux qui séduit fortement. À la différence d’autres jeux qui proposent de gérer une équipe entière, nous ne contrôlons ici qu’un seul personnage. Il est possible de switcher en cours de bataille, mais le système est conçu pour un seul personnage.

Le concept est simple. Attaquer un adversaire permet d’accumuler des points d’action (PA), et une fois que vous avez votre petit stock, vous pouvez les dépenser pour lancer des attaques plus puissantes. Le but du jeu est d’accumuler assez de PA pour lancer des attaques à la chaîne et effectuer combo sur combo. Plutôt classique, ce principe reste aguicheur et rend les batailles très plaisantes à jouer. Pour moi, ce point rattrape complètement la fadeur de l’exploration des ruines.

Concrètement, nous avons ici une formule qui fonctionne plutôt bien. Entre l’alchimie, les combats, les récoltes et les différentes quêtes, le plaisir est bien présent et donne envie d’en voir toujours plus. En revanche, les boucles de gameplay trop voyantes et assez répétitives pourront lasser sur le long-terme celles et ceux qui attendent du dynamisme, car du dynamisme, le jeu n’en a pas vraiment à revendre. C’est un titre calme et posé qui est proposé ici et qui se déguste par petites lampées.

La direction artistique du titre est également un point très appréciable, et notamment les musiques. La bande-son est tout simplement enchanteresse. Comme je le disais quelques lignes plus haut, Atelier Ryza 2 est un titre calme, posé, presque “chill”, et les musiques vont dans ce sens. Des empreintes de fantaisie, de jolis cuivre et flûtes, une guitare légère… C’est simple, doux et avec des motifs rythmiques qui restent en tête (les thèmes de combat et de la capitale vous resteront en tête un bon moment, croyez-moi).

Les graphismes tendent aussi dans cette voie du calme et du relaxant. Le jeu est coloré, chatoyant, et propose des environnements propices aux pique-nique. En vérité, certains décors nous font poser la question de savoir si l’on se trouve dans un univers imaginé ou en Savoie.

Alors certes, ne vous attendez pas à la révolution graphique du siècle. Mais on ne joue pas à Atelier Ryza 2 pour ses prouesses techniques, mais pour l’univers qu’il propose et ses inspirations.

Atelier Ryza 2 : Les Légendes Oubliées & Le Secret de la Fée est une bonne suite, et un bon JRPG de manière générale. Toutefois, une précaution me semble de mise puisque c’est mon huitième épisode de la licence : le titre ne plaira pas forcément aux fans hardcore de la licence qui trouveront en lui un goût un peu fade. Ce n’est pas méchant en soi, mais il faut bien admettre que la saga semble prendre un virage important qui ne sera pas du goût de tous. En revanche, si vous souhaitez découvrir cette série avec cet épisode, vous pouvez foncer les yeux fermés. Le jeu est beau, abordable pour les nouveaux et propose un univers envoûtant. Il est agréable de le parcourir et de suivre Ryza et ses amis. On regrettera un post-game un peu faiblard et certains pans du jeu un brin poussif en longueur, mais de manière globale, nous tenons là un JRPG de qualité.

Auteur

Rédacteur lambda, simplement passionné par le jeu vidéo. J'avais déjà un pad dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code.

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