Envie d’un titre aux allures de Castlevania mais avec une pointe de RPG tour par tour ? Il se pourrait bien que Fallen Legion : Revenants vous convienne. Suite des jeux jumeaux Fallen Legion : Sin of an Empire et Fallen Legion : Flames of Rebellion, la licence embraye sur ce nouvel opus. Aux commandes du charismatique Lucien et de l’intrépide Rowena, votre objectif sera d’éclaircir les origines d’une mystérieuse maladie qui ronge le monde. Alors, que faut-il attendre de ce titre pour le moins atypique ?


Cette critique a été réalisée à partir d’une version Nintendo Switch offerte par Koch Media !


La masque de la mort rouge…

Le monde va mal, et c’est peu de le dire. En réalité, il est en train de décliner sévèrement à cause d’une maladie étrange qui sévit et change les gens en monstres démoniaques. Un seul lieu n’est pas atteint par ce fléau : un château volant dirigé par le maléfique Ivor (l’antagoniste principal). Dans ce château se trouve bon nombre de personnages, dont beaucoup de nobles, faisant usage de leur dernier semblant de notoriété pour imaginer le monde d’après. Difficile de ne pas faire le rapprochement avec une nouvelle d’Edgar Allan Poe : le masque de la mort rouge.

Nous suivons donc les aventures de deux personnages fondamentalement différents. Tout d’abord Lucien, un jeune politicien charismatique qui se trouve dans l’enceinte du château. Ensuite, Rowena, une revenante à la recherche d’un moyen de sauver son fils, et capable d’utiliser des esprits se battant à sa place : des Exemplars. Alternant les séquences de jeu tantôt avec Lucien pour la parlotte, tantôt avec Rowena pour la baston, il vous reviendra de découvrir les mystères du monde et de découvrir les origines de cet étrange fléau.

Concrètement, le scénario tient la route et donne envie d’en savoir plus. De plus, certains pans et dialogues changeront drastiquement en fonction de certains choix que vous ferez durant votre progression. Le personnage de Lucien justifie totalement cette mécanique, puisqu’il use de ces talents de politiciens pour manipuler ses contemporains et promettre des services. Par conséquent, il ne se bat pas. Les parties seront donc légèrement différentes selon les joueurs, puisque les conséquences de vos choix peuvent mener, ou non, à la mort d’un ou plusieurs PNJ.

Un papillon fait son apparition lors des choix cruciaux, mais vous ne le savez qu’après-coup, ce qui implique une lecture assidue des dialogues et des choix proposés. En effet, vous ne savez pas à l’avance si un choix sera primordial ou non. Cela ne m’a pas spécifiquement dérangé, mais je sais que cela peut en rebuter certains d’être pris au dépourvu de cette manière.

Savoir damer le pion !

Fallen Legion Revenants décompose son aventure en deux phases de gameplay distincts (comme cité plus haut). D’une part, nous avons Rowena, qui est capable de se battre, sur Terre donc, à l’aide des Exemplars. C’est la feature typiquement “action” du titre qui vous fait enchaîner les combats jusqu’à atteindre le Boss de la zone et ainsi progresser dans l’histoire.

Lorsqu’un combat débute, un quadrillage se dessine au sol et sépare le terrain en deux. Le côté gauche vous concerne et vous permet de déplacer vos héros (Rowena et ses Exemplars) sur plusieurs cases. L’ennemi, du côté droit, peut faire de même. Le but est donc de faire mordre la poussière à vos adversaires, en vous déplaçant intelligemment de cases en cases et en bloquant ou parant les attaques ennemies au bon moment.

Vous pouvez contrôler jusqu’à 4 héros (Rowena et 3 Exemplars maximum), et ceux-ci sont affiliés aux touches A ; B ; X ; Y (ou Rond, Croix, Carré et Triangle sur PS4). D’une pression sur une touche, un des personnages se lance à l’assaut, ce qui consomme une section de sa jauge. Une fois la jauge vidée, vous ne pouvez plus attaquer, mais celle-ci se remplit avec le temps, donc pas de panique. Le but est donc d’alterner les attaques entre tous les personnages pour “comboter” un maximum et enchaîner les attaques à un rythme soutenu. Peu évident en début de partie, c’est une habitude qui s’installe vite avec le temps.

Attaquer fait également augmenter la jauge de “Choc” de l’adversaire. une fois celle-ci remplie, l’ennemi se voit assommé, vous offrant une belle fenêtre pour maximiser vos dégâts. C’est cela qu’il faudra exploiter durant les combats de Boss, car certains d’entre eux peuvent vraiment être retors. Il est possible d’améliorer vos Exemplars en les dotant d’attributs spéciaux, comme une vitesse accrue, un pourcentage de dégâts améliorés, etc.

Merci la langue de bois !

La deuxième “séquence” de jeu repose sur le personnage de Lucien. Politicien, beau parleur et jouant de son charisme, il se trouve à l’intérieur du château et n’a que pour arme ses mots. Durant les phases où vous le contrôlez, vous pourrez explorer le château à votre guise et parler avec les personnages qui se trouvent enfermés avec vous. Vous pourrez ainsi nouer des relations et, surtout, vous donnerez votre parole. Ces choix auront une importance vitale puisque de ceux-ci dépendront certains gros changements du scénario.

Ces choix vous permettront d’aider Rowena, sur Terre, en lui communiquant des informations que seuls peuvent vous donner les hôtes du château. Il faudra donc agir de concert et alterner entre les deux séquences de jeu pour avancer dans l’histoire.

D’une manière générale, l’idée, sur le papier, est très séduisante. Dans les faits, cette alliance un brin atypique entre action “tour-par-touche” et phases de dialogues (et infiltration ?) importantes n’est pas toujours très bien gérée. Ne pas vraiment savoir si une décision à prendre sera cruciale ou non est assez frustrant, puisqu’on peut vite passer beaucoup de temps à réfléchir à un choix complètement inutile (mais ça, on ne le sait qu’après).

Il reste néanmoins un goût assez appréciable en bouche. Le tout tourne plutôt bien et malgré quelques petits défauts de rythmes et d’appréciations plutôt futiles, on prend plaisir à monter en puissance et à enchainer le maximum de combo.

Castlevania-style !

En ce qui concerne la direction artistique, je n’ai pas pu m’empêcher de faire un parallèle avec les titres de Vanillaware. Ce mix entre un côté “manga” et un côté “froid transylvanien” convient parfaitement au jeu. Outre le rappel à la nouvelle d’Edgar Allan Poe, il est aussi difficile de ne pas faire de lien avec la licence Castlevania.

La bande-son va dans ce sens, très propre et toute en douceur (sauf pendant les joutes, bien entendu). D’un point de vue plus global, il n’y a pas grand à redire sur les choix artistiques qui ont été opérés. Le tout s’accorde bien et parvient à dégager l’ambiance sobre et oppressante de ce monde en ruine. Ni plus, ni moins.

Fallen Legion : Revenants est un titre qui fait beaucoup d’efforts, et parvient à dégager une aura très appréciable malgré quelques petits coquilles en terme de rythme de narration et de progression. On regrettera une absence de traduction FR, ce qui mettra en déroute les joueurs et joueuses ayant du mal avec l’anglais. C’est dommage, d’autant que les textes sont non seulement importants, mais aussi savoureux et agréable à suivre. La combinaison Rowena/Lucien (et les phases de jeu qu’ils représentent) fonctionne bien et donne envie de s’immerger encore plus. Néanmoins, il ne conviendra pas à tout le monde, et je pense qu’il ne séduira que les adeptes d’expériences atypiques avec des propositions qui le sont tout autant. Il faut donc l’aborder avec l’esprit ouvert mais peut vraiment surprendre si on accepte de jouer le jeu et se laisser embarquer malgré ses quelques faiblesses.

Auteur

Rédacteur lambda, simplement passionné par le jeu vidéo. J'avais déjà un pad dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code.

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