Prendre pour scène de théâtre l’ambiance gangster du temps de la prohibition, c’est déjà un pari plutôt osé. Y implémenter des mécaniques de combat au tour par tour et en faire un jeu de gestion, c’est carrément audacieux. Empire of Sin nous propose une recette qui paraît fort séduisante sur la papier, mais qui peine à pleinement prendre son envol sur le long-terme.


Cette critique a été réalisée à partir d’une version Playstation 4 fournie par le distributeur.


Sers la p’tite sœur, et laisse la bouteille…

Empire of Sin propose de se mettre dans la peau de grands gangsters des années 20-30 durant la prohibition. SI quelques-uns de ces “héros” sont fictifs, certains sont bien réels. Il est d’ailleurs plaisant de voir que le nombre de personnages jouables est assez varié, ceux-ci possédant leur propre arc narratif. Rien de bien folichon ceci dit, puisque le principal attrait du soft ne sont pas tant ses scenarii que sa filiation avec le genre de la gestion et du tour par tour.

Le jeu vous propose d’emblée de débuter par un tutoriel. Celui-ci se veut assez inégal, puisque qu’il laisse le joueur tantôt avec beaucoup d’informations, tantôt en nous lâchant sans que l’on sache vraiment à quoi serve les différentes options et autres systèmes. Heureusement, avec un peu de patience et à force de jouer, les différentes mécaniques se dévoilent de plus en plus pour devenir assez simples à utiliser.

Par la suite, Empire of Sin laisse entrevoir ses forces, mais surtout ses faiblesses. Votre objectif sera de devenir le criminel numéro 1 de la ville et de diriger celle-ci d’une main de fer. Pour ce faire, il vous faudra dégager la famille déjà en place pour y établir vos locaux. Plusieurs façons existent. Primo, vous pouvez “travailler” pour ladite famille et, petit à petit, déloger cette dernière. Cette méthode est certes plus longue, mais aussi plus sûre, car elle évite de passer par un affrontement direct. Secundo, plus radicale mais aussi plus dangereuse : prendre le pouvoir par la force. Là, nous tombons sur une des phases principales du titre : les combats.

Les joutes se déroulent au tour par tour et vous demandent de prendre en considération les spécificités du terrain pour placer au mieux vos combattants et ainsi prendre le dessus sur vos adversaires. Disons-le tout de suite, nous ne sommes pas ici devant une référence en matière de tactical. Empire of Sin se veut très classique dans son système de combat, au point de vouloir carrément les éviter sur le long terme. Le problème est que la progression n’est pas assez renouvelée, ce qui renforce une impression de grande redondance.

Outre les combats, il vous faudra gérer votre empire et faire ce qu’il faut pour que vos différents établissements rapportent assez d’argent pour vous développer d’autant plus. Ce modèle de gestion va de pair avec le système de combat : ça fait le job, mais le tout reste dans un spectre très moyen.

Le titre se place donc comme une proposition pour le moins intéressante, mais qui, on le sent bien, n’en est pas à son plein potentiel. Un aspect redondant et une progression en demi-teinte font du soft une aventure un brin morne. Si Romero Games tient là une recette très prometteuse, ce n’est pas ici que se trouvera sa pleine expression. Avec un travail sur la fluidité des rixes, une amélioration des capacités de gestion et une boucle de gameplay mieux travaillée, et cette proposition devrait faire largement mouche. Je reste néanmoins curieux de connaître la suite des projets du studio.

Le gros problème d’Empire of Sin est de proposer des fonctionnalités et des mécaniques intéressantes sur le papier. Dans les faits, le jeu reste plutôt moyen et ne parvient pas à décoller suffisamment pour accrocher sur le long terme. Les premières heures de jeu, si elles sont convaincantes, lassent très vite. Par la suite, le titre tombe dans une boucle de gameplay trop répétitive pour susciter un intérêt constant. Entendons-nous bien, Empire of Sin pourra très bien vous séduire si vous êtes vraiment fan de cet ambiance polar et que vous êtes en manque de jeu de gestion. Pour les autres, je ne pense pas que le titre développe assez de qualités pour convaincre de craquer. Une chose est sûre, Romero Games a de toute évidence une recette en devenir, qui trouvera probablement sa pleine saveur des un futur titre.

Auteur

Rédacteur lambda, simplement passionné par le jeu vidéo. J'avais déjà un pad dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code.

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