Initialement paru sur PSP, c’est sous la forme d’un remaster que nous revient ce titre atypique sous le sobriquet : Akiba’s Trip : Hellbound & Debriefed ! Déambuler dans les rues de ce quartier nippon plein de charme et bouter du vampire et effeuiller (oui, oui) nos adversaires, est-ce que cette recette fonctionne toujours aujourd’hui et mérite votre attention. L’occasion pour nous de se pencher un peu plus sur la question.


Cette critique a été réalisée à partir d’une version Playstation 4 offerte par l’éditeur !


Scénario

Teint pâle et démons fous !

Akiba’s Trip : Hellbound & Debriefed débute par une agression : celle de notre avatar. Celui-ci se fait violenter et battre à mort par une Shadow Soul (on peut dire vampire…). In extremis, une étrange ennemie, pour des raisons inconnues, le préserve de son sort en lui transfusant son propre sang. Cet événement a pour conséquence de transformer notre héros en vampire, lui aussi.

C’est à cet instant qu’il se fait recueillir par une organisation secrète internationale qui lui annonce que le quartier d’Akiba (Akihabara en réalité, mais les japonais contractent en « Akiba ») est sous la menace constante de ces Shadow Souls. Nous sommes donc mandaté pour aider ladite organisation et aider à ramener la paix dans la ville. Toutefois, le jeu vous laissera le choix de votre voie scénaristique. Déciderez-vous d’abattre les démons que vous croiserez, ou leur laisserez-vous la vie sauve ? Ces petits choix auront un impact sur les fins du jeu. Il faudra donc choisir un camp.

Je vais être très honnête… Le jeu n’est pas particulièrement parti gagnant dans mon cœur la première fois que je l’ai lancé.

Oui, j’ai été médisant et pensé que son scénario ne valait pas un kopec. C’est plutôt une erreur, car si le titre souffre du poids des années sur le plan technique (voir plus bas), son scénario reste étonnamment accrocheur. C’est bien simple, c’est le moteur principal qui m’a fait rester jusqu’au bout de l’aventure. Plus que cela, il y a un humour bien spécifique, parfois drôle, parfois malaisant, mais qui fonctionne bien et qui nous décroche des sourires réguliers (ou alors j’ai un humour de merde, c’est possible aussi…).

On regrettera une absence de traduction française, il faudra donc vous contenter de textes en anglais avec des dialogues soit en japonais, soit en anglais. Dommage, mais je suppose que c’est mieux que rien du tout.

Mécaniques

On effeuille la marguerite !

Celles et ceux qui connaissent bien le titre rient sûrement déjà du mauvais jeu de mot de ce titrage de paragraphe. Pour les autres, il faut expliquer en quoi consistent les batailles d’Akiba’s Trip. Puisque les ennemis que nous affrontons sont des vampires, il faut bien trouver un moyen de les réduire en poussière. Et comme les vampires sont par définition sensibles aux rayons du soleil, la méthode la plus simple pour les vaincre consiste à… Les défroquer !

Vous avez bien lu ! Le but du jeu consiste à dénuder ses opposants afin d’exposer leurs peaux aux rayons solaires. Plus comique, vous vous tromperez parfois de cible. Au lieu d’un vampire agonisant, vous remarquerez que vous vous en êtes pris à un humain, qui prendra ses jambes à son cou en fuyant de panique. Plutôt drôle.

Pour le reste, nous sommes face à un Action-RPG plutôt classique. Vous possédez une attaque permettant de viser le couvre-chef de votre ennemi, une autre ciblant le haut des habits et enfin, les bas. Dénuder un adversaire permet donc de le battre, mais cela est aussi valable pour nous. Eh oui, nous sommes vampire nous aussi.

Le but du jeu consistera donc à changer régulièrement nos habits, à en voler aux démons mais aussi à les upgrader pour améliorer leur résistance. D’où un autre aspect du titre plutôt atypique : le fait de changer de vêtements régulièrement, tel une idol nippone.

Pour le reste, le jeu se décompose entre progression de la trame principale et les différentes quêtes annexes entre les zones du quartier. Pour être franc, on sent un peu le poids du temps, et on sent surtout que le modèle portable de la PSP convenait sûrement mieux aux mécaniques instaurées dans le jeu. En l’état, cela fait un peu « pauvre » et redondant. Surtout que les combats, s’il sont nombreux, deviennent eux aussi plutôt fades sur la longueur. C’est dommage de ne pas avoir ce petit sentiment de renouveau. Car une fois que la boucle de gameplay est repérée, on constate que le jeu n’en sort que très (trop) rarement.

Ne boudons pas pour autant notre plaisir, on peut au moins se mettre d’accord sur le fait que Akihabara est convaincant et, pour un titre d’époque, fait illusion d’un lieu vivant et bouillonnant.

Direction Artistique

Je pense que cela se voit sur les images et autres visuels qui parcourent le web, mais la technique d’Akiba’s Trip : Hellbound & Debriefed subit les affres du temps. Entendons-nous bien, je parle bien de technique et non de direction artistique. En effet, la DA, elle, reste cohérente avec l’ambiance qui nous est proposée et offre de jolis moment tantôt drôles, tantôt anxiogène, tantôt magnifique.

En un mot comme en cent : c’est probablement cette partie (et l’affect qu’elle vous provoque) qui fera que vous parviendrez à craquer pour le titre ou non. Si vous êtes vraiment trop rebuté par cet esthétisme un brin vieillot, vous risquez de grincer des dents. Même si, en vérité, il est dommage de s’arrêter là.

Conclusion

Akiba’s Trip: Hellbound & Debriefed revient donc avec un remaster plutôt timide, mais qui permet (en tout cas pour ma part) de découvrir un titre plutôt atypique au système de combat barré et un univers qui l’est tout autant. Ne vous arrêtez pas au simple portage d’un jeu PSP sur Playstation 4 et prenez le risque de tremper votre orteil dans cette aventure étrange mais pourtant accrocheuse. L’écriture est au rendez-vous, l’humour efficace et malgré une technique datée et des combats plutôt redondants, il vaut le coup si vous aimez les curiosités et si vous aimez les A-RPG. Mais en effet, il est vrai de dire que tous les publics ne trouveront pas leur bonheur face à ce jeu qui peut en dérouter plus d’un. Peut-être avez-vous l’âme d’un explorateur du jeu vidéo, qui sait ?

Auteur

Rédacteur lambda, simplement passionné par le jeu vidéo. J'avais déjà un pad dans le ventre de ma mère et je suis né en avance grâce à un cheat code.

Ecrire un commentaire.